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Economie

Les stratégies de la lutte contre le gaspillage alimentaire en France et en Allemagne

Le gaspillage alimentaire est devenu un sujet de plus en plus présent ces dernières années. Dans l’ensemble de l’Union européenne, près de 88 millions de denrées alimentaires sont jetées chaque année. Bien que l’UE prévoie des changements importants d’ici 2035, l’Allemagne et la France ne semblent pas suivre la même stratégie pour répondre à cette problématique. 


 

La situation en France 
 
En France, l’initiative « les gueules cassées » fondée en 2014 lutte pour la commercialisation des « produits moches » dans les supermarchés partout dans l’hexagone. Les produits ayant reçus l’étiquette « Gueule cassée » sont vendus à un prix plus avantageux, car ils peuvent être déformés, avoir des petits défauts esthétiques ou tout simplement être d’une taille ou forme considérée comme hors normes. Le principe est le même pour les produits dans les rayons frais qui se rapprochent de leur DLC. Afin d’éviter les déchets alimentaires, une réduction de 30% est appliquée sur leur prix initial.  

Les grandes enseignes en France avancent également dans la lutte contre le gaspillage alimentaire en vendant des produits abîmés et déformés sous le nom de « fruits et légumes moches » (voir aussi l’article paru dans lefigaro : Fruits et légumes moches). 

À partir de la vente directe de ces produits, certains magasins les utilisent pour la fabrication de jus, de confitures ou bien de soupes sous la marque maison. Cette action fonctionne en tant que stratégie marketing, car les enseignes montrent aux clients que les produits transformés n’ont perdu aucunes de leurs valeurs nutritives. 

Si la France lutte contre le gaspillage alimentaire d’une manière aussi rigoureuse, c’est aussi grâce aux mesures qui ont été imposées par la politique sous forme de deux lois. Ce changement a commencé en 2015 avec une convention d’engagement volontaire qui a été signée par la plupart des grandes enseignes en France. Un an après, la loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire a été adoptée après avoir été votée à l’unanimité en obligeant entre autres les magasins d’une taille supérieure à 400m² de donner leurs invendus aux associations. Si cette mesure n’est pas appliquée, les supermarchés devront payer une amende de 3 750 euros par infraction. En 2018, la loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous a été votée. Cette dernière étend les dispositions de la loi de 2016. Elle poursuit trois objectifs principaux :  

  1. une rémunération juste pour les producteurs afin de leur permettre de vivre dignement de leur travail 

  1. le renforcement de la qualité aux niveaux sanitaire, environnemental et nutritionnel 

  1. la préférence d’une alimentation saine, sûre et durable pour tous 

 

La situation en Allemagne 

En Allemagne, la situation est différente. Il existe des initiatives qui mènent une lutte contre le gaspillage, en redistribuant les produits qui seraient autrement jetés. Les grandes enseignes allemandes se trouvent loin derrière leurs collègues français. Elles sont parfois tolérantes en achetant des produits légèrement abîmés ou hors normes auprès des producteurs à la suite d’intempéries, comme des canicules ou des grêles fortes. Mais les « produits moches » ne font pas encore partie de leurs assortiments permanents. Dans quelques magasins de la chaîne de supermarchés « Edeka » par exemple, les clients peuvent se servir gratuitement d’une petite section d’aliments qui ne peuvent plus être vendus. Il existe également des initiatives comme le « Foodsharing », qui met à disposition des réfrigérateurs et des étagères qui sont connus sous le nom de « Fairteiler », afin de redistribuer les aliments qui ne peuvent plus être vendus dans les magasins, mais également ceux qui proviennent des ménages privés et qui ne peuvent plus être consommés avant l’expiration. Les « Fairteiler » se trouvent toujours dans des lieux accessibles où tout le monde a le droit de s’en servir gratuitement. 

On peut constater des différences entre la France et l’Allemagne sur le niveau commercial, mais aussi sur le niveau juridique. En Allemagne, il n’existe pas de loi concernant la lutte contre le gaspillage alimentaire. En 2019, Julia Klöckner, la ministre fédérale de l’alimentation, a lancé une stratégie nationale pour la réduction du gaspillage afin d’atteindre l’objectif déclaré par le 
gouvernement allemand de réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2030. 

Cette stratégie inclut tous les acteurs de la société civile et consiste de différents forums de dialogue, afin d’identifier les potentiels domaines d’action. Avec cette stratégie, la politique se concentre davantage sur le consommateur final. Quant aux grandes enseignes, le gouvernement compte sur des accords d’objectifs qui seront créés après différents forums de dialogue, mais la promulgation d’une loi n’est pas prévue pour l’instant. 

Les « produits moches » ne peuvent pas être récupérés par les consommateurs s’ils ne sont pas offerts dans les supermarchés. Bien que le consommateur ait un grand impact dans cet enjeu, ce sont les commerçants qui doivent acheter ces produits auprès des producteurs pour changer l’industrie durablement. Il reste à voir si les grandes enseignes en Allemagne seront capables de changer leur assortiment de produits dans les prochaines années en introduisant les « produits moches » partout, sans obligations de la politique. 

 

Une appli qui traverse les frontières 

L’application « Too good to go » est très connue en France comme en Allemagne. Cette dernière a été lancée en 2016 en France, et elle est aujourd’hui téléchargeable pour les utilisateurs dans plusieurs pays européens. Cette initiative lutte contre le gaspillage alimentaire en fournissant une plateforme sur laquelle les utilisateurs peuvent voir quels commerces dans leurs alentours ont des invendus à donner. Avant la fermeture du magasin ou du restaurant, les commerçants proposent via l’application des paniers surprise à un prix considérablement plus bas, qui peuvent être récupérés directement sur place. 

 

Conclusion 

En général, on peut donc constater que la France lutte contre le gaspillage alimentaire via la commercialisation des produits hors normes, tandis que l’Allemagne préfère la redistribution gratuite. 

Et que faites-vous aujourd’hui pour lutter contre le gaspillage alimentaire ?  

Les commentaires sont les bienvenus pour faire circuler d’autres pistes et astuces ou des témoignages dans ce combat qui ne devrait pas s’arrêter à la frontière de l’un ou l’autre pays. 

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